dimanche 15 mars 2015

Des larmes et du sang
La soumission de la femme afro-arabo-musulmane est un sujet qui me sidère. Après des années de musèlement, de hchouma (honte), de critiques et de rabaissement, la femme de mon pays, de ma région, de mon continent accepte son infériorité. Que dis je? Elle accepte son inexistence, sa présence-absence.

Le travail de sape commence dès sa naissance, les parents apprennent avec déception que l'être qui grandi au sein de leur famille est une fille, avec son lot de problèmes. Dès sa naissance, les âmes bien pensantes -la gynécée familiale- se chargera de lui apprendre à croiser ses petites jambes, voire cuisses de fillettes pour que l'homme ne voit pas son intimité. Quel homme normalement constitué peut s'intéresser aux parties intimes d'une fillette de 3 ans me direz-vous? C'est ainsi que le musèlement et la soumission se mettent en place.
Pour certaines malchanceuses, vient l'âge de l'excision, sujet tabou dans beaucoup de familles, que beaucoup de papas ferment les yeux pour mieux ignorer les cris de leurs fillettes. Sujet bien trop sérieux, qui demanderai un tout autre billet.

Viennent les prémices de l'adolescence, où la fillette doit cacher ses formes, ses petits seins bourgeonnants sensés exciter l'[ani] mâle, ses premières menstruations perçues comme sales et déshonorantes.
La gynécée familiale insuffle et souffle déjà les premières histoires d'horreurs féminins aux oreilles chastes de cette enfante. Certaines disent que sortir au coucher du soleil attire les problèmes, les prédateurs tel le méchant loups du Petit chaperon rouge.

Une jeune fille ne sort pas! Une jeune fille n'a pas d'amis! Une jeune fille baisse les yeux au passage de l'homme!
Son corps commence a être sous les feux de la critique, ce corps bourgeonnant, aux proportions hésitante entre l'adolescence et l'enfance. Ainsi des complexes naissent. Beaucoup de jeunes filles de mon enfance gardaient le dos vouté et tiraient sur leur t-shirt de sport, dans la vaine tentative de camoufler ce corps, cette poitrine naissante, ces rondeurs de jeunes filles.

Elle grandi et malgré tous ces handicaps dus à sa naissance, devient belle, éduquée des meilleures universités. Elle travaille, elle est autonome, chef d'entreprise mais peine à trouver chaussure à son pieds. Toute sa vie, elle a été muselée, elle prend difficilement la parole en public malgré ses nombreux diplômes et certificats pointus. Elle demande toujours l'aval d'un mâle: avant de voyager, avant de se marier, avant de se lancer en affaire.


Certaines quittent ce cercle vicieux et partent loin des diktats de leur société d'origine. Elles préfèrent se noyer dans un environnement qui n'est pas le leur, un nouveau pays, une nouvelle culture...
Et là, elles rencontrent d'autres femmes libérées, fortes qui vivent pleinement leurs vies de femmes sexuellement libérées.


vendredi 4 juillet 2014

Dépaysement garantie...

Elle a débarqué d'un vol commercial en provenance de Doha, Qatar, n'ayant pu fermer de l'oeil durant les 14h de vol direct et ce, malgré le calme, la douceur et la volupté d'une cabine pressurisée de luxe.
Elle laisse derrière elle famille, patrie, gagne-pain et surtout un confort ouaté, son cocon africain, le coeur rempli d'un chagrin rempli d'espoir.

Une nouvelle vie s'ouvre à elle, s'offre à elle, chargée d'obstacles prêts à être relevés...
Elle débarque avec dans ses bagages 2 puits garçons en quête d'aventure mais déchirés à l'idée de quitter leur papa, leur nounou et leur grand-mère.

Elle annonce avec beaucoup de discrétion ce départ, prétextant l'instabilité politique du pays d'origine. En fait, ce départ est réfléchi et décidé depuis quelques années, depuis qu'elle s'est sentie en danger. Ce danger n'est nul autre que ce mari, cet amoureux, choisi avec soin sous le signe du hasard total, rencontré au détour d'une conversation.

Ce partenaire devenu au fil des jour cet étranger avec lequel elle partage une intimité sans limite.

Quelle blessure que de se sentir en danger dans sa propre chambre à coucher, dans le silence et le déni de cette société patriarcale qui avilisse ce sexe inférieur jusqu'à l'objectifier.  Une femme n'est autre que ce réceptacle qui reçoit la semence du géniteur et non cet être parfait qui donne naissance à la vie.
Elle est tombée amoureuse de l'image de cet homme, plus âgé, plus expérimenté. Envoutée par cet homme, manipulateur, fabulateur à temps plein qui l'arrose de son verre mielleux, suintant de compliments, dégoulinant d'amour. Elle succombe et rends l'âme, elle exulte de bonheur, elle se laisse aller...jusqu'à la tanière de ce prédateur.




jeudi 3 octobre 2013

Elle s'appelait Madina...

Madina, de l'arabe Médine, ville où le prophète Mahomet est enterré.

Jeune fille, dans la vingtaine, assez jolie, avec un teint et une texture de peau très jalousés par la gente féminine de sa région. Elle porte quelques jolis tatouages tribaux sur le visage et sur les gencives bleuies par l'encre. Elle a quitté les montagnes verdoyantes qui l'ont vu naitre, l'Ethiopie rurale. Elle est venue dans une terre d'extreme, hostile au regard, aride et basaltique, surchauffée continuellement telles les portes de la Géhenne.
Madina est venue gagner sa croute durement, pas si durement comparé aux milliers d'autres jeunes filles comme elle, payant un droit de ''cuissage'' à la frontière poreuse de ce pays basaltique, en étant employée de maison pour une famille de classe moyenne-supérieure de la ville de Djibouti.
Elle est chichement payée (100 dollars US par mois) mais mange à sa faim et surtout a un toit pour la semaine, ce qui lui permet d'économiser son maigre salaire.
Après 2 ans de bons et loyaux services, elle rencontre un homme, de ses montagnes natales, lui rappelant ces paysages verdoyants, le café fumant, fraichement grillé du matin...
Il s'appelle Mohamed, mêmes origines, quadragénaire bien érodé par le labeur et le soleil de plomb, gardien d'une riche demeure de son métier et père d'une ribambelle de marmailles, élevée par ses femmes et Dame Providence. Oui, il avait déjà 2 épouses au compteur dans une région du monde où la polygamie est d'un naturel désarmant.
Un irresponsable de plus, direz vous? Il a su charmer la damoizelle...lui contant jour et nuit des fables pour la mettre dans son assiette, que dis je, dans son lit!
Elle succomba, Cupidon faisant bien le reste et convola en juste noce avec notre charmant orge, hum, homme (lapsus?).
La noce fut célébrée avec un faste proportionnellement égale aux peu de ressources dont elle disposait...  Le pingre n'a pas voulu fêter l'occasion, prétextant le nombre important de progéniture à sa charge et à la légitime jalousie de ses autres femmes.
Elle festoya avec ses amies, la mixité étant prohibée dans cette partie du monde, dans une petite bicoque louée à l'occasion. Les amies, lui enviant sa fortune, vinrent festoyer avec elle, chacune apportant un petit présent pour la radieuse mariée.
Elle était radieuse, maquillée et coiffée pour l'occasion. Les invités à peine rentrées que l'assaillant se mit en place sur la couche nuptial. Il avait rêvé de ce moment en caressant l'image d'un hymen hermétique défloré avec allégresse, à coup de butoir jouissif. Madina était encore vierge, condition sine qua none pour garantir un époux à une jeune fille dans ce bout de monde. La douce nuit nuptiale fut remplie de râles et de cris étouffés par la grosse main de l'ogre, euh de l'homme.
Grace à sa bonne étoile, Madina avait été excisée  à l'âge de 6 ans quand les petites filles du monde sont bercées par les contes de fées. Sur son berceau, dans sa hutte natale s'était penchée fée Misère et fée Souffrance. On lui avait ôté le clitoris, les petites lèvres et dans une grande générosité recousue tout ces monts de plaisir en une plate plaine jonchée de quelques boursouflures.
Pour défaire cet enchevêtrement de peau, il utilisa son dard et le poids de ses 100kg, suant comme un boeuf, haletant comme un chien galeux.